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Crise politique et violences en France : les derniers développements
information fournie par AFP 19/10/2026 à 18:07

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, au centre, s'exprime à l'issue d'une cellule interministérielle de crise, le 19 octobre 2026 à Paris ( POOL / JULIEN DE ROSA )

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, au centre, s'exprime à l'issue d'une cellule interministérielle de crise, le 19 octobre 2026 à Paris ( POOL / JULIEN DE ROSA )

Voici les derniers développements de la crise politique et sociale et des violences en cours en France, à six mois de l'élection présidentielle.

La journée nationale de mobilisation du 17 octobre contre la "vie chère" a connu des manifestations pacifiques, et en marge des violences et pillages d'ampleur qui ont sidéré et mettent sous pression le gouvernement, critiqué pour sa stratégie de maintien de l'ordre.

Le Premier ministre annonce des couvre-feux "localisés"

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi à la mi-journée avoir demandé aux préfets de "déclencher un certain nombre de couvre-feux" lundi soir qui seront "partiels" et "localisés" pour protéger notamment les commerces.

Il a ajouté qu'un état d'urgence pourrait être instauré "si c'est utile", tout en prévenant que la mise en place de couvre-feux lui paraît "davantage adaptée".

Il a aussi accusé le "mouvement de l'ultragauche" de vouloir "organiser un désordre (...) profond dans le pays jusqu'à l'élection présidentielle".

Les syndicats conviés à Matignon mercredi matin

Les syndicats sont conviés mercredi matin à Matignon par le Premier ministre Sébastien Lecornu, après les violences qui ont secoué la France en marge des manifestations contre la vie chère de samedi, a-t-on appris lundi auprès de plusieurs d'entre eux.

"Le déroulé du 5 novembre" devrait notamment être évoqué, se projette la CFTC. A cette date, les salariés du privé et du public sont appelés à une journée nationale de mobilisation pour les salaires, les services publics, l'emploi et l'industrie.

La CGT condamne "la stratégie du chaos déployée par le gouvernement"

Le syndicat CGT a condamné lundi dans un communiqué "la stratégie du chaos déployée par le gouvernement" et alerté sur "la gravité de la situation du pays", appelant "l'ensemble des travailleuses et des travailleurs à continuer à se mobiliser pacifiquement".

"Gardons le cap sur nos revendications, soyons mobilisés jusqu'à leur satisfaction", écrit la CGT, accusant "la doctrine sécuritaire du gouvernement (d'avoir) ciblé de nombreux manifestants pacifiques qui ont été blessés" le 17 octobre.

"Il est grand temps que le pays se ressaisisse", plaide le président du Medef

Le président du patronat français, le Medef, Patrick Martin, en déplacement lundi auprès de commerçants touchés par les violences de ce week-end à Paris, a jugé qu'il était "grand temps que le pays se ressaisisse".

M. Martin a appelé "tous les chefs d'entreprise" à "s'exprimer et faire valoir que ça suffit et que ce pays veut vivre dans la sérénité".

Dégradations à CNews: un juge d'instruction désigné

L'enquête sur les dégradations commises samedi sur le siège de la chaîne CNews à Paris a été confiée lundi à un juge d'instruction, après le placement en garde à vue de 25 personnes, a appris l'AFP de sources proches du dossier.

En cause notamment, des tags comme "Pas de télé pour les fachos" inscrits samedi matin sur le mur du siège de la chaîne du milliardaire conservateur et catholique Vincent Bolloré.

Violences : les maires fulminent et réclament des comptes à l'Etat

Des voitures brûlées dans une rue de Paris, le 19 octobre 2026  ( AFP / Kiran RIDLEY )

Des voitures brûlées dans une rue de Paris, le 19 octobre 2026 ( AFP / Kiran RIDLEY )

L'un, à Marseille, a été obligé d'appeler le président de la République pour avoir du renfort policier. L'autre, à Limoges, a regardé le beffroi de son hôtel de ville se consumer. Après les violences du 17 octobre, les maires des villes touchées réclament de la "transparence" et "une réponse politique".

"Nous avons eu pour la première fois, le sentiment que des pans entiers de nos villes avaient été laissés sans protection", écrivent les maires de gauche de Paris, Marseille et Lyon dans une tribune.

Le maire du centre de Paris souhaite un couvre-feu et "pourquoi pas l'armée"

Le maire socialiste de Paris Centre, Ariel Weil, dont le secteur a été durement touché par les pillages et destructions ce week-end, a indiqué lundi avoir demandé dès dimanche l'instauration d'un couvre-feu, et "pourquoi pas" l'intervention de l'armée pour empêcher que de telles scènes se reproduisent.

"Il y a eu une casse incroyable, même à l'apogée des gilets jaunes on n'a pas connu une telle casse en un seul week-end", a-t-il dit.

Le gouvernement exige le retrait d'annonces de revente en ligne

Une boutique pillée à Paris le 17 octobre 2026 ( AFP / Kiran RIDLEY )

Une boutique pillée à Paris le 17 octobre 2026 ( AFP / Kiran RIDLEY )

Le gouvernement français réunit lundi plusieurs plateformes en ligne pour exiger le retrait d'annonces de revente d'articles issus de commerces pillés, a indiqué sur X la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff.

"Des articles volés ce week-end" à travers la France "sont proposés à la vente sur certaines plateformes", a assuré la ministre, qui a indiqué attendre un retrait "sans délai" des annonces concernées.

Un fonds pour les équipements publics détruits

Le gouvernement va mettre en place un fonds exceptionnel pour aider les collectivités à reconstruire les équipements publics détruits lors des violences du week-end, a annoncé lundi la ministre chargée des Collectivités territoriales, Françoise Gatel.

Les organisations étudiantes promettent de rester mobilisées

Les principales organisations étudiantes ont promis lundi de rester mobilisées, dénonçant un gouvernement "à côté de la plaque" au lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron, sans communiquer à ce stade de date en particulier.

Présidentielle : le RN cherche à capitaliser sur l'image du parti de l'ordre

Le Rassemblement national (RN) dénonce "l'impuissance" du gouvernement et accuse La France insoumise (gauche radicale) de vouloir provoquer "une guerre civile" : après les violences commises en marge de la mobilisation du 17 janvier, la formation d'extrême droite se pose en parti de l'ordre avec l'espoir d'élargir son électorat en vue de la présidentielle de 2027.

Attal : le gouvernement doit "prendre la mesure du traumatisme des Français"

L'ex-Premier ministre macroniste Gabriel Attal, le 14 octobre 2026 à Paris ( AFP / Dimitar DILKOFF )

L'ex-Premier ministre macroniste Gabriel Attal, le 14 octobre 2026 à Paris ( AFP / Dimitar DILKOFF )

Après que "l'autorité de l’État a failli" ce week-end, le gouvernement doit "prendre la mesure du traumatisme des Français" et "aller beaucoup plus loin" dans sa réponse aux violences autour des manifestations, a estimé lundi auprès de l'AFP l'ex-Premier ministre macroniste Gabriel Attal.

La Grèce "ne retournera jamais à l'époque de grande agitation sociale", dit Mitsotakis

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a assuré lundi que la Grèce ne retournerait "jamais à l'époque de grande agitation sociale" liée à la crise financière qui a ravagé le pays, réagissant ainsi aux violences commises en France.

"Lorsque nous voyons ces images (en France, ndlr), nous devons prendre un engagement explicite: la Grèce ne reviendra jamais à l'époque de grande agitation sociale", a-t-il affirmé à Laurion, près d'Athènes.

Violences en France : Trump et d'autres dirigeants mettent en cause l'immigration

Face aux violences qui ont embrasé la France, plusieurs dirigeants internationaux, Donald Trump en tête, ont soufflé sur les braises en rejetant la faute sur l'"immigration", à rebours d'une majorité de politiques et experts français qui pointent eux du doigt l'ultra-gauche et la polarisation croissante de la société.

Le Premier ministre hongrois, Peter Magyar, et le chef du parti d'extrême droite espagnol Vox, Santiago Abascal, ont également mis en cause l'immigration.

La coordination des gilets jaunes annonce un "acte II" samedi 24 octobre

Des manifestants portant des gilets jaunes font face à des gendarmes place de la République à Paris le 17 octobre 2026  ( AFP / Matthieu RONDEL )

Des manifestants portant des gilets jaunes font face à des gendarmes place de la République à Paris le 17 octobre 2026 ( AFP / Matthieu RONDEL )

La coordination de gilets jaunes à l'origine des manifestations du 17 octobre contre "la vie chère" annonce lundi matin un "acte II" avec de nouvelles actions pour samedi 24 octobre, ainsi que pour le 31 octobre.

Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination a affiché une carte des mobilisations prévues le 24 octobre avec déjà plusieurs dizaines d'actions programmées.

23 commentaires

  • 19:17

    alteis : il n'y a qu'à voir le nombre d'alter mondialistes et anti capitalistes qui se sont reconvertis dans "l'écologie". Et leur "luttes" conte les écocides en regard de leur rave party en pleine nature : on ne les entend alors rien dire sur le bien être animal et le respect des ecosystèmes...


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